Prête-moi tes oreilles ! - Bulletin CCF N°28 & 29 & 30

Après avoir lu cet article dans le journal du Pembroke Welsh Corgi Club of America, j’ai contacté l’auteur, Mrs Joan B. Guertin et l’éditeur, Mrs Marian Johnson Your, qui ont très cordialement accepté qu’il soit traduit et diffusé dans notre bulletin. Je les en remercie sincèrement. Béatrice Quinio



LEND ME YOUR EARS !
“On sonne à la porte. La minuterie du four retentit. Le bébé pleure. L’alarme anti-incendie se déclenche à minuit. Le sèche-linge marque la fin du programme. La bouilloire siffle. Votre conjoint rentre à la maison et crie “Salut Chéri(e) je suis là !” Ce sont tous des sons ordinaires que nous, les entendants, considérons comme normaux. Cependant, pour ceux qui souffrent de déficience auditive ou de surdité, ce sont des sons quotidiens qu’ils n’ont peut-être jamais entendus ou n’entendront peut-être jamais plus. Mais il y a une alternative pour de nombreuses personnes souffrant de ce genre de problème. De même que les chiens d’aveugles deviennent les yeux des non-voyants, les chiens peuvent prêter leurs oreilles à ceux qui ont des déficiences auditives.

Les chiens Entendants (ou chien de Signal, comme on les mentionne souvent), ne sont pas faciles à distinguer, comme un chien accompagnant son maître non-voyant peut l’être. Un chien qui travaille aux côtés d’une personne en fauteuil roulant se justifie par lui-même. Néanmoins, pour les malentendants qui ont un handicap invisible, les choses ne sont pas aussi évidentes. Un chien et son maître peuvent rester une équipe travaillant activement ensemble sans que personne ne le remarque. Et puisque les chiens Entendants ou de Signal sont souvent de petits chiens, il est souvent difficile pour les gens de bien comprendre tout ce que le chien est capable de faire pour son maître.
Avant que je rentre plus avant dans les détails sur leurs capacités, j’aimerais vous présenter deux femmes vivant dans deux endroits opposés géographiquement aux Etats-Unis, mais qui ont deux choses en commun. La première, c’est qu’elles sont toutes les deux malentendantes. La deuxième, c’est qu’elles ont toutes les deux été bénies d’avoir pu passer des années avec un Welsh Corgi Pembroke qui fut leurs oreilles.

Jackie LaMarche vit dans le Massachussets. Voici son histoire. Sondra Douglas vit en Californie du Nord. Son histoire suivra celle de Jackie. Chacune a passé 9 ans de sa vie avec un Corgi. Chacune a une histoire à raconter.

JACKIE & LASS
Jackie retint mon attention par le biais de Marian Johnson Your, Responsable de Publication du Pembroke Welsh Corgi Club of America newsletter, parce qu’elle était l’éleveuse de Lass, le chien de travail de Jackie depuis 9 ans. Lass était en copropriété avec Marian et Mary-Elizabeth Simpson de l’élevage Windcrest Acres. A ses quinze mois, on découvrit que Lass présentait
une mâchoire bègue. Sa copropriétaire, qui était aussi une personne malentendante, sut que Lass serait parfaite comme chien Entendant, aussi elle l’offrit au Centre pour Chiens Entendants de “Red Acres Farm” à Stow, dans le Massachussets. Malheureusement, c’est juste à ce moment là que le centre connut des difficultés
financières et fut fermé. Lass fut en fait l’avant-dernier chien à être diplômée.

Jackie et Lass se rencontrèrent en mars 1993 pour voir s’ils pourraient faire équipe ensemble. Jackie se souvient avoir pensé que Lass avait l’air terriblement adorable, même avec son ventre rasé et rond comme un tonneau. Lass venait d’être stérilisée et on lui avait retiré ses glandes anales. L’équipe se forma et Lass démarra son entraînement avec Angela Nickerson de Red Acres Farm. Elle fut dressée à signaler l’alarme à incendie, quelqu’un frappant ou sonnant à la porte, et le téléphone. En mai 1993, Lass rejoint la maison de Jackie.

Comme prévu, Lass devint les oreilles de Jackie. Elle pouvait aussi bien travailler avec Lass à partir de commandes vocales ou à partir du langage des signes traditionnel, n’ayant perdu son acuité auditive qu’à l’âge de 22 ans. La plupart des chiens sont entraînés à partir du langage des signes américain (ASL) pour ceux qui ne possèdent pas de facultés verbales. Lass et Jackie
devinrent vite une équipe. Lass excellait en obéissance et elle devint un chien de thérapie (Pet Therapy Dog). Jackie et elle visitèrent une maison de retraite pendant des années. Lass était une adorable tricolore à tête noire. Son père était le Champion Pennington Ramblin’ Lad et sa mère la Championne Tri-umph’s Titian of Cambrell. Jackie se souvient d’avoir vu une photo de Rambler dans le livre “Complete Pembroke Welsh Corgi” et laissé échapper que Lass était son portrait craché. Et puis elle lit le nom du chien et réalisa que les choses se passaient dans l’autre sens ! Lass ressemblait tout à fait à Rambler.
Lass n’était pas le seul chien pour malentendants dans la famille. Le frère aîné de Jackie, Chris, possédait un chien de sourd venant de chez NEADS, donc l’entraînement et la façon de se faire aider par un chien au quotidien lui étaient familiers.
J’ai demandé à Jackie d’expliquer l’impact que Lass avait eu sur sa vie. Elle explique que cela fut graduel. D’abord, Lass l’aida àretrouver l’indépendance qu’elle avait perdu à 22 ans. Il y avait pour elle un soulagement indescriptible de ne pas avoir à s’inquiéter à propos de l’alarme à incendie, des gens à la porte, et du téléphone. Jackie décrivit aussi comment Lass l’avait aidée à se reconnecter avec les gens, parce qu’elle était tellement mignone et amicale que les gens venaient lui parler de son chien. Et le résultat fut que Jackie prit de l’assurance pour aborder les gens. Comme elle le dit : “cela peut être vraiment stressant pour les sourds de parler avec les gens qui ne savent pas, parce que les sourds doivent s’astreindre à comprendre la conversation. Lass m’a fait me sentir beaucoup plus à l’aise.”
Je souhaitais aussi en savoir plus à propos de choses particulières que Lass aurait pu faire pour elle au-delà de son entraînement initial. Jackie expliqua que, du fait qu’elle avait été testée comme étant allergique aux chiens, le docteur lui avait recommandé de ne pas prendre Lass dans le lit avec elle. Jackie pensa que cela n’aurait de toutes façons pas beaucoup d’importance car la chienne allait déjà être avec elle dans la maison, donc elle dressa Lass à se réveiller au son d’une balle qui couine et d’un biscuit. Comme Lass était un vrai Corgi, elle aurait fait N’IMPORTE QUOI pour de la nourriture ! Elle appréciait particulièrement les câlins sous la couverture les grasses matinées du weekend.


Lass allait presque partout avec Jackie. Au bureau, elle était tellement appréciée que le patron d’alors de Jackie l’avait surnommée la Vice-Présidente des Ressources Humaines. C’était une telle personnalité à voir que tout le monde au bureau l’aimait. Elle prévenait au bureau de l’alarme à fumée, des coups de fil et des gens à la porte comme elle l’aurait fait à la maison.

Lass a aussi mené une vie de chien de thérapie très active. Jackie et Lass allaient faire une visite mensuelle à une maison de retraite où les patients n’attendaient que cela. Une des patientes, qui parlait très rarement, se mit à répondre à Lass et à communiquer à nouveau, au point que l’équipe soignante devint authentiquement excitée par ses progrès. Lass était aussi extrêmement populaire avec les enfants de l’unité pédiatrique du Centre Médical Baystate. D’après Jackie les fauteuils roulants et les potences médicales ne la déconcertaient pas. Elle mettait Lass sur le lit des patients, avec un jeté de lit bleu pour contenir le poil.

Un jour, Lass s’avanca jusqu’à la figure d’une petite fille sous respirateur et se mit à lui faire des bisous autour du masque ! La petite fille se mit à rire tellement qu’elle se pelotonna en boule et tout le monde autour était hilare parce que Lass se tortillait dans les draps pour arriver à trouver sa figure.

Lass fut le premier Corgi de Jackie, et quand elle demanda à sa soeur à quoi pouvait ressembler un Corgi, cette dernière lui répondit d’imaginer un berger allemand sur un corps de basset. L’image mentale que Jackie obtint était joliment bizarre. Heureusement, Lass se révéla être un superbe Corgi !

Malheureusement, Jackie et Lass ne passèrent que 9 ans ensemble. En juin 2002, on diagnostiqua sur Lass un sarcome de Herman. Selon les vétérinaires, ce type de cancer est assez répandu chez les plus grands chiens comme les Golden Retrievers et les Bergers allemands. Le cancer prit racine dans la rate de Lass et s’étendit rapidement et de façon agressive. Tout ce que Jackie pouvait faire, c’était de lui conserver le meilleur confort possible. Lass continua à aller au travail avec Jackie, de façon à ce qu’elle puisse la surveiller constamment. Ses collègues de travail furent vraiment chic et lui portèrent même Lass dans les escaliers dès que besoin, alors que Jackie venait de se déplacer un disque du cou et ne pouvait le faire. Selon Jackie, ce fut un cancer très rapide, et après un peu plus de deux semaines, Jackie sut qu’il était temps de la laisser partir. Ce fut un réel hommage rendu à Lass et à l’impact qu’elle avait eu sur l’entourage de Jackie, quand le temps venu, le patron de Jackie et l’un de ses collègues l’accompagnèrent chez le vétérinaire au moment de l’euthanasie.

La perte de Lass fut accablante pour Jackie. Non seulement perdit-elle son compagnon de 9 ans de vie, mais elle se retrouvait de plus à nouveau avec ce sentiment d’insécurité qui avait disparu lorsque “ses oreilles en second” étaient en action. Par chance, avec Lass qui se rapprochait des 9 ans, Jackie avait recontacté Marian en vue d’un chien de remplacement qui pourrait permettre à Lass de prendre sa retraite.

“Au moment où Jackie séjournait au Texas pour récupérer “TeddiBear”, elle ne savait rien du cancer de Lass. L’idée était d’ajouter TeddiBear à la maisonnée afin qu’il puisse s’imprégner du travail de signalement de Lass, pendant que Jackie l’entraînerait. La maladie de Lass et le diagnostic inhérent ralentirent l’entraînement de TeddiBear car Jackie avait besoin de passer autant de temps que possible avec sa vieille amie. Marian expliqua que TeddiBear, qui était aussi issu de l’élevage
Tri-umph et à l’origine surnommé Theda, n’avait pas convenu comme chien
d’exposition, mais Marian avait aussi rejeté
les opportunités de la vendre comme chien “d’arrière-cour”(chien de famille), à cause de son incroyable personnalité et de son
intelligence particulière, qui indiquait qu’il y avait quelquechose de très spécial auquel elle pouvait contribuer. A ce jour, TeddiBear est dans un cours privé d’obéissance avec Jackie et un entraîneur. Pour pouvoir être certifiée comme chien entendant (ou Signal) de travail avec des privilèges d’accès dans les lieux publics, TeddiBear doit être totalement sous contrôle, et capable de se mouvoir dans les espaces publics en restant complètement concentrée sur Jackie. Ce qu’on lui demande pour réussir la certification va bien au-delà de ce qu’on demande pour passer le Test du Chien Bon Citoyen de l’American Kennel Club. Elle devra continuer à être mise en présence de défis susceptibles d’être rencontrés dans la vie quotidienne de Jackie. Si Jackie voyage et prend l’avion et si elle espère se faire accompagner de TeddiBear, son chien devra avoir déjà eu cette expérience. Jackie l’emmène déjà au bureau et elle s’adapte bien. Savoirrépondre aux signaux pour lesquels Jackie doit pouvoir être alertée dans sa vie de tous les jours est une autre phase de l’entraînement. Cela prendra des mois avant que TeddiBear puisse assumer son travail à plein temps. Mais Jackie est déterminée. Après avoir vécu avec Lass pendant 9 ans, elle sait combien cela en vaut la peine. Elle sait aussi combien la vie peut être différente avec ou sans ces oreilles actives. Et elle a fait l’engagement d’entraîner TeddiBear. Elle se rend déjà compte que Lass et TeddiBear sont deux chiens très différents, et alors que Lass restera à jamais dans son cœur, Jackie sait que TeddiBear a sa propre personalité avec ses droits, et que leur relation, qui sera sans doute différente, sera néanmois forte. Pour TeddiBear, c’est la promesse d’une vie longue comme compagnon choyé de quelqu’un qui a vraiment besoin d’elle.

SONDRA ET EVIE
Début 1991, le CCI (Canine Companions for Independance) me demanda une saillie de mon chien, Oliver, pour une de leurs Corgis du Hearing Program. J’avais assisté à un certain nombre de séminaires d’entraînement avec Ollie, et les responsables du CCI, qui assistaient aussi, avaient été touchés par son intelligence et son esprit. Et, c’est comme cela que le Champion américain et mexicain Cypress Red Cyder devint le père d’une portée qui produisit Evie. J’avais été flattée que l’on m’ait demandé, et fière d’avoir l’opportunité de voir les caractéristiques spéciales d’Oliver prendre part au programme. Mon seul désir était qu’en retour du cadeau de la saillie il me soit donné un des chiots à élever pour le programme. Donc, à l’âge de 7 semaines, Evie (plus tard enregistrée sous le nom de Desert Evening Star), devint un membre de la maisonnée pour 15 mois de sa vie. Mon travail durant cette période était de m’assurer qu’elle était correctement entraînée en obéissance et sociabilisée en public avant de la renvoyer au CCI à Santa Rosa, en Californie, pour son entraînement comme Chien de Signal. Ce fut une période occupée, et c’est peu dire. Evie m’accompagnait presque partout. Elle apprit à se coucher calmement sous mon bureau quand je travaillais, étais au téléphone ou écrivais. Elle fit toutes les courses avec moi, et au fur et à mesure que son
programme d’entraînement se poursuivait et qu’elle gagnait en maturité (et lorsqu’elle fut correctement entraînée à la maison), nous allâmes dans des endroits plus difficiles. Nous commençâmes avec de simples sorties à des endroits comme la banque, puis au cinéma, où elle apprit à ignorer le popcorn sur le sol et à rester couchée à mes pieds pendant un film entier. Finalement, nous visitâmes des
restaurants et des épiceries. Elle apprit à marcher calmement aux côtés du panier, comme nous parcourions les allées, ignorant les odeurs tentantes. Elle se couchait lorsque je faisais du shopping et prenais du temps pour faire un choix. La chose intéressante à propos des sorties était qu’il n’y avait rien de tel qu’un “voyage éclair”. Il y avait toujours des questions à répondre sur le pourquoi et le comment un chien est-il autorisé dans des endroits où ils n’ont généralement pas accès.

C’était une des années les plus intenses que j’ai jamais passée avec un chien jusqu’à présent. Cependant, elle en valait bien la peine, et je fus joliment payée en retour le jour où j’emmenai Evie au stage où elle fut diplômée et confiée à Sondra qui l’attendait. Le moment du transfert fut comme si elle avait su qu’elle avait accompli sa destinée. Evidemment, cette journée n’arriva pas avant qu’Evie ait pass 6 mois d’entraînement intensifs au CCI pour apprendre tout le travail de signal. J’ai eu beaucoup de chance pour pouvoir créer des liens avec Sondra depuis les 9 dernières années. J’ai rendu des visites à Sondra et Evie dans leur maison, et elles me visitèrent lorsque j’habitais encore Sacramento. Je n’oublierai jamais la soirée où Sondra et sa mère, Evie bien sûr à nos côtés, m’emmenèrent dîner dans un bon restaurant. C’était le premier anniversaire de la vie commune de Sondra et Evie. C’est alors que Sondra me fit part de ce que cette année avait été. C’est la première fois que je réalisai quel impact puissant Evie avait eu sur la vie de Sondra. Alors que nous nous promenions de nuit sur les bords de la Rivière Sacramento, Sondra partagea sa joie d’être capable de faire de telles sorties maintenant que Evie était à ses côtés. La priorité pour Sondra dans le choix d’intégrer Evie à sa vie était d’éviter de devoir sortir seule, surtout la nuit. La présence d’Evie et son infaillible acuité à avertir Sondra lorsque quelqu’un s’approchait de derrière soulageait vraiment Sondra. Simplement la confiance d’avoir une paire d’oreilles attentive aux sons pour elle donnait à Sondra un sentiment de sécurité et lui permettait d’apprécier une simple marche, un acte que la communauté entendante prend pour acquis.

Au début, quand Sondra reçut Evie du CCI, la jolie petite Corgi rouge et blanche l’accompagnait quotidiennement au travail. Une des premières découvertes au lieu de travail fut le désir d’Evie d’alerter Sondra à chaque fois qu’un collègue prononçait son nom. Elle emmenait alors Sondra vers la personne qui l’avait appellée. Un changement de travail en 1997 empêcha Evie de continuer à accompagner Sondra sur son lieu de travail, bien que Sondra avait des horaires tardifs, aucune sécurité dans le parking souterrain la nuit, et personne pour l’accompagner à sa voiture. Le CCI refusa d’intercéder. De plus, la Commission du Travail de l’Etat concerné ne fut pas compréhensive. Sondra décida de ne pas se battre pour ce qui était en fait un acte illégal dans la Constitution américaine pour les droits des personnes handicapées. Sa compagnie indiqua à Sondra que se battre pour faire accepter Evie à son lieu de travail aurait mis son travail en péril. Ce fut une période difficile pour Sondra et pour Evie qui devait rester à la maison sans sa maîtresse. Dernièrement, Sondra eut heureusement la possibilité de changer pour un travail où son droit à conserver un chien d’aide à ses côtés était reconnu. Souvent, lorsque Sondra et moi allions déjeuner ou faire les boutiques, Sondra était mise en difficulté à cause de son chien. Ayant perdu son audition à un âge avancé, Sondra possède d’excellentes facultés verbales et est capable de lire sur les lèvres. Ceux qui se confrontaient à elle étaient bien souvent odieux, et lorsqu’elle montrait la carte d’identité de son chien, expliquant ainsi qu’Evie était un chien d’assistance, la réponse se faisait souvent par rapport au fait que Sondra n’était apparemment ni aveugle ni estropiée. Sondra expliquait qu’elle était sourde, et le comportement des autres individus n’en était pas pour autant plus respectueux. La répartie favorite de Sondra était alors : “Je suis sourde, pas stupide !”. De telles rencontres nous faisaient réaliser
à toutes les deux qu’il y avait de grandes lacunes dans l’éducation du public en ce qui concerne les handicaps invisibles. Cela ne me rendit que plus déterminée à devenir une avocate pour les déficients auditifs.

Un des plaisirs acquis par Sondra au cours de sa relation avec Evie fut la joie de voyager. Elles visitèrent Disneyland de nombreuses fois au cours des années. Sondra a aussi une
imagination adorable, et le résultat fut que la patiente Miss Evie a de nombreux costumes appropriés à toutes sortes de vacances. Se faire habiller est quelque chose qu’elle semble apprécier. Une fois encore, c’est tout à fait compréhensible lorsque l’on sait combien les Corgis aiment à être au centre de toutes les attentions et lorsque l’on connait leur amour du jeu. Lorsque Evie rejoint la famille
de Sondra en juillet 1993, ce fut un grand soulagement pour les parents de Sondra. Tous deux étaient vieillissants et en mauvaise santé. Comme Sondra avait toujours vécu avec eux et qu’ils s’étaient mutuellement occupés d’eux-mêmes, ils s’inquiétaient du devenir de Sondra lorsqu’ils auraient disparuet ne pourraient plus lui servir “d’oreilles”. Avec Evie en fonction, leur inquiétude
s’atténua. Lorsqu’ils disparurent tous les deux dans un laps de temps relativement rapproché, Evie fut aussi affectée que Sondra. Depuis neuf ans que Evie fait partie de la vie de Sondra, le duo a fait l’expérience de beaucoup de choses. Pour Sondra, une personne très intérieure, il y a un sentiment de sécurité à savoir qu’elle n’est pas seule. A ce jour, Evie jouit d’une bonne santé et travaille toujours avec efficacité. Elle et Sondra ont leur petits jeux et rituels au moment du lever pendant la semaine et les weekends. Et elles sont inséparables. Sondra décrit Evie comme un clown doté d’un merveilleux sens de l’humour. Elle arrive sans efforts à provoquer un sourire ou un gloussement. Cependant, elle est aussi capable de douceur et de compassion si Sondra semble en avoir besoin. Cependant, Sondra sait qu’Evie prend de l’âge, et s’inquiète de ce qu’il adviendra ensuite. Sondra a exprimé le désir d’obtenir un autre chien du CCI, et opterait de préférence pour un chien dressé de façon privée lorsque le temps viendra. Pour l’instant, on dirait que Miss Evie dresse son propre remplaçant. Un des meilleurs copains de Evie durant toutes ces années est le chien du frère de Sondra,
un Border Collie qui s’appelle Maggie. Maggie a vécu avec Sondra et Evie pendant un bon nombre d’années. La paire de chiens a toujours eu une bonne relation et au travers demimiques, Maggie est aussi devenue un bon chien d’alerte. Elle jouent aussi à des jeux intéressants. Evie est une coquine et alertera quand Maggie ou les autres chiens en visite font ce qu’ils ne devraient pas faire. Evie s’amuse aussi à bloquer la chatière quand elle veut empêcher les autres chiens d’entrer, ou alors elle bloquera la porte d’entrée pour empêcher encore les autres chiens de rentrer dans la maison à tout prix. Ah oui, en tant que vrai Corgi, elle a toujours plein de jeux en réserve. Etre un chien de service n’a en rien entammé son sens de l’humour.

Au cours de ma converstation la plus récente avec Sondra, j’ai appris que la plupart de ses collègues d’apprentissage de 1993 au CCI étaient maintenant partis, ou à la retraite. Il semble qu’Evie soit encore la seule qui travaille à plein temps. Comme je me sens responsable d’Evie pour une grande part depuis sa conception, elle a toujours tenu une bonne place dans mon coeur. Je possède toujours ses affaires de chiots, ses colliers et jouets, ceux qu’elle avait lorsque je l’élevais, la sociabilisant et commençant les début de l’apprentissage, conservés avec ceux de Oliver, son papa.

Fermez vos yeux et imaginez une scène où un homme court à perdre haleine le long d’une rue après une voiture qui recule lentemement. Un de ses bras est levé, et il tient quelque chose dans son poing ! Non, ce n’est pas une scène tirée d’une série policière, c’est une histoire vraie ! La scène se passait pendant le dernier entraînement de Missy, le chien entendant de Liz Arnold, d’Avondale en Arizona. Missy devait être capable d’alerter Liz, qui est sourde, du son de la sirène d’un véhicule d’urgence approchant son propre véhicule. Le mari de Liz, Joe, put récupérer un bon exemple de sirène sur un walkman; et ils s’entraînèrent ainsi avec Liz conduisant lentement dans le quartier et Missy à ses côtés, attachée par son harnais de sécurité au siège avant passager, et Joe qui courait ventre àterre derrière la voiture. Liz commenta plus tard qu’ils n’y avaient alors pas pensé sur le moment, mais la scène avait du paraître hilarante aux passants.
Quand je lui demandai de raconter son histoire, Liz fut plus que généreuse avec ses informations. Selon elle, Missy est un Pembroke de 4 ans, qui a passé son brevet de chien entendant. Posséder un chien entendant n’est pas une expérience nouvelle pour Liz, puisqu’elle a déjà eu Sam, un Cocker Spaniel, pendant 15 ans. Néanmoins, Missy est son premier Corgi.


Alors qu’elle se renseignait sur les races de chiens, Liz développa un grand intérêt envers les Corgis. Ses recherches l’emmenèrent naturellement en direction d’éleveurs sérieux. D’un voyage à une expo canine en 1999, résulta un rencontre avec Jean York (Coalbyn). En même temps qu’elle recherchait des éleveurs, Liz se renseignait sur la proximité d’un centre d’éducation canin approprié en Arizona. Elle trouva ainsi “Handi-Dog Inc.”, un organisme bénévole à Tucson. Tout se précisa lorsqu’un appel de Jean en décembre 2000 découla sur une nouvelle rencontre et l’arrivée de Missy dans la maisonnée Arnold. Deux semaines plus tard, les voyages à Tucson commencèrent. Ce fut un régime d’entraînement qui dura un an et demi.

Pendant ce temps-là, Liz et Missy participèrent aux classes hebdomadaires où Missy apprit à alerter Liz sur un grand panel de sons environnementaux. Sa méthode d’alerte était d’établir un contact physique avec Liz, et de faire des aller-retour entre elle et la source du son, jusqu’à ce que Liz réponde. Elle apprit à alerter Liz du son du téléphone, de la porte d’entrée, de l’alarme anti-incendie, de la sonnerie de fin de programme du séchoir à linge, et du sifflement de la bouilloire. Elle prévenait aussi Liz si quelqu’un s’approchait, l’appellant par son nom ou lui disant “Excusez-moi”. En plus des sons, Missy apprit les bonnes manières, la sociabilité avec les autres chiens, et le moyen de faire face à tout problème comportemental. Bien sûr, Liz était autorisée à participer à l’entraînement de son propre chien à cause de l’expérience qu’elle avait emmagasinée lors des 15 ans passés avec Sam. Elle et Missy complètaient leur entraînement quotidien à la maison pour perfectionner ces talents qui lui permettraient d’obtenir son brevet.

Missy et Liz ont voyagé aussi loin que Rhode Island par la compagnie Southwest Airline, et Liz dit que Missy est une bonne voyageuse. Elle reçoit toujours des compliments sur son bon comportement. L’équipe a présenté des démonstrations sur Channel 3 TV (“Sign Out”), à une fête à Tucson et à une récente manifestation de la SHHH (Self Help for the Hard Hearing). Liz, bien que sourde de naissance, possède de grandes possibilités verbales et est également bénévole en tant qu’entraîneur des Handi-classes pour chiens près de Tempe en Arizona.

Liz explique que la paire qu’elles forment est vraiment une équipe, et qu’avoir possédé des chiens entendants (Sam et Missy) aura enrichi sa vie. En dépit des différences entre les deux chiens, tous les deux sont capables du même travail. “Ce sont mes oreilles!” déclare Liz. C’est une contribution importante (et souvent sous-estimée) que celle que les chiens entendants apportent, qui ouvre le monde de la communication entre les sourds et les entendants. Que Dieu bénisse Missy (et Sam) pour avoir rendu le monde de Liz meilleur. “Avoir Missy est un plaisir; elle est parfaitement adaptée à nos vies, notre mode de vie et nos moyens de communication. Il y a une interaction comme au sein d’une famille, nous apprécions notre compagnie mutuelle et surtout nous recevons de sa part un amour inconditionnel, tous les jours”.

Pour conclure, j’ai demandé à Liz si ses efforts pour dresser Missy au bruit d’une sirène avaient marché. Elle m’affirma que non seulement ils avaient marché, mais Missy prévient des sirènes si bien qu’elle alerte aussi lorsqu’elle les entend à la TV !

Joan B. Guertin, l’auteur, est une dresseuse de chiens et une éleveuse de Pembrokes. Elle a dressé des chiens entendants pour des particuliers depuis la fin des années 80. Elle est à présent la Présidente de la section des chiens entendants de l’association caritative de Marily Pona, ADL ‘Assistance Dogs for Living), basée à St Louis. ADL aide les propriétaires à entraîner leur propre chien pour devenir chien de service ou entendant. Pour plus d’informations sur ADL, vous pouvez consulter www.marilynpona.com Pour davantage d’informations sur la manière d’obtenir un chien entendant ou son éducation, vous pouvez contacter Joan au : 417-732-9991 ou par e-mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Crédit texte et photos : Joan B. Guertin, CCI ©. Avec l’aimable autorisation de Marian Johnson Your, éditrice du PWCCA Newsletter ©.

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Centrale CanineFondée en 1881, La Société Centrale Canine, ou SCC, est l'organisme reconnu par le Ministère de l'Agriculture pour gérer le livre généalogique canin (LOF, Livre des Origines Français) et le Fichier National Canin (FNC). Cette association loi 1901 reconnue d'utilité publique et à but non lucratif a pour objectif la promotion des races de chiens en France ainsi que la promotion et la protection des divers rôles du chien dans la société. Elle se doit également de gérer et de coordonner les différents Clubs de races et Sociétés Canines Régionales qui la composent.