Du comportement des Corgis - Bulletin CCF N°25

Par Jocelyne Thomas

A l’aube du XXI è siècle, l’animal de compagnie a pris un essor considérable. Nous entendons parler de N.A.C. (Nouveaux Animaux de Compagnie) qui sont les furets, les rats domestiques, les serpents etc... Les chiens et les chats se disputent la première place dans nos foyers et la demande est de plus en plus importante. Pour cette raison, nous voyons fleurir nombre d’animaleries et de marchands de chiens. Ceci entraîne beaucoup de trafics, mais nous laisserons ce sujet de côté.

Quelle place occupe le chien dans notre maison ? Bien souvent celle d’un enfant. On oublie son caractère fondamental, sa place dans notre vie. Notre comportement a tendance à utiliser le chien pour des satisfactions personnelles, telles que le manque de communication, le manque d’autorité, le manque d’affection, etc... Cela engendre des problèmes relationnels entre animaux et humains.
Les spécialistes du comportement, les cliniques vétérinaires comportementalistes et autres éducateurs fleurissent à tous les coins de rue, dans le but avoué de faire de la psychologie canine. Ne devrions-nous pas avant tout, lors de l’achat d’un chiot nous poser la question suivante : “Sommes-nous prêts à accueillir un animal ?” Mais alors que nous connaissons parfois des difficultés pour éduquer nos enfants, comment ne pas craquer devant un chiot ? Surtout si on se laisse influencer par un vendeur peu scrupuleux, qui ne pense qu’à son chiffre d’affaires et ne se soucie pas du devenir du chiot qu’il aura vendu.

Combien de propriétaires se retrouvent avec un chiot dans les bras, ne sachant pas comment faire pour l’éduquer ou le nourrir ? A ce moment-là, l’éleveur entre en jeu. C’est à lui que revient la charge de guider, de conseiller, d’assurer le “service après-vente” tout au long de la vie du chien. L’éleveur a une responsabilité morale par rapport aux chiots qu’il a fait naître et qu’il a vendu. Il doit connaître le caractère de la race qu’il élève, car on n’élève pas un Corgi comme un Berger Allemand, un Yorkshire ou un Epagneul Breton. Les Corgis sont très spéciaux dans le sens qu’ils ont un caractère de grand chien dans le corps d’un petit. Pour caricaturer, on y retrouve un peu le mélange du caractère fort du Berger Allemand et de la tendresse d’un Cavalier King Charles, avec leurs qualités et sans leurs inconvénients. Les Corgis n’ont absolument pas conscience de leur petite taille. Rien ne leur fait peur. Pour ces raisons, il n’est pas toujours facile d’éduquer un Corgi - car lorsqu’il vous regarde de ses grands yeux plein de tendresse, de chien battu, comment résister ?

Voilà beaucoup d’années que je consulte pratiquement tous les articles qui peuvent être publiés sur le caractère et l’éducation des Corgis. L’arrivée d’Internet dans notre vie a facilité la communication et permis l’ échange de nos impressions avec d’autres passionnés. Mais il ne faut pas oublier que tout ce que nous pouvons consulter nous vient en majeure partie de nos amis anglo-saxons. Les relations qu’ils entretiennent avec leurs animaux sont totalement différentes, quelle que soit la race. Ce sont des relations basées sur la discipline et l’obéissance. L’entente maître-chien est formidable.

Les Corgis sont en général très sociables, équilibrés en caractère, joueurs et désireux de faire plaisir à leur maître. Le comportement d’un chiot fraîchement arrivé dans son nouveau foyer sera différent de celui qu’il avait chez son éleveur. La rivalité du groupe s’estompe, et il se rend compte très vite que maintenant, gamelles, caresses, coussin, tout est pour lui seul. Quelle aubaine, plus de partage ! Il va donc pouvoir montrer qui commande ! Dès cet instant, il va tester son environnement, tester l’autorité ambiante (faire des bêtises pour savoir si on le gronde). Vers 4-5 mois, il y a souvent une période où il ne répond plus à son nom et part dans le sens opposé ou se cache dès qu’on l’appelle. J’appelle cette période : “Viens ici f... le camp”. Même la plus appréciée des friandises ne le fait pas changer d’avis. Pendant cette période, il ne faut pas le laisser faire, car un chiot réagit un peu comme réagirait un enfant : prenant la mesure de votre autorité, il vous testera à nouveau à l’âge adulte, si celle-ci n’a pas été affirmée franchement au départ.

Lorsqu’il arrive dans sa nouvelle famille, le chiot doit absolument savoir à quelle place il se trouve dans la hiérarchie, par rapport aux différents membres qui la composent. C’est un peu comme s’il rentrait dans une nouvelle meute. S’il n’en est pas le chef, il faut qu’il apprenne très vite qui l’est. Avec de la compréhension, de la fermeté, de l’amour et par dessus tout une main de fer dans un gant de velours, vous obtiendrez des merveilles des Corgis, car ils sont très proches de leur maître.Que ce soit le Pembroke ou le Cardigan, vous n’aurez pas la même approche, car le caractère est différent. le Cardigan est plus têtu, mais plus sensible. Plus conscient de sa force, il agira en conséquence : il faut que ça passe ou que ça casse. Il est plus sociable avec ses congénères, ce qui ne l’empêche pas de faire son possible pour devenir le chef, lorsqu’il se trouve en meute. Le Pembroke a tendance a être plus docile, mais parfois, tout lui passe au dessus des oreilles, car il est plus rusé. Il agira de façon à toujours tenir le rôle du gentil petit chien, alors qu’il est plein d’espièglerie. Les mâles sont très dominants. Il faudra faire attention en général. Ils n’attaquent jamais les premiers, mais s’ils se sentent agressés, ou si un autre chien les attaque. Par la suite, ils garderont le réflexe d’auto-défense. Rien ne leur fait peur malgré leur petite taille, ni Dogue Allemand, ni Saint-Bernard. Si un Pembroke est un monstre de tendresse et de câlins envers ses maîtres, il peut être très agressif envers ses congénères après avoir subi une agression. Cardigans et Pembrokes ont une excellente mémoire, pouvant garder longtemps souvenir d’une agression, sachant reconnaître à vie la race de chien qui en était à l’origine.

On apprend beaucoup à regarder les chiens vivre entre eux. Observer le comportement des plus jeunes vis à vis des plus anciens, le respect et les égards envers les plus vieux. Une entente formidable s’installe dans la hiérarchie. L’arrivée de chiots ou de plus jeunes se fait en général sans problème. Les adultes leur apprennent les postures de soumission. Il est très important de faire côtoyer jeunes et adultes, car si le chiot a été bien démarré, il assimilera les leçons de base, et lorsque le nouveau propriétaire promènera son chien dans la rue, les rencontres avec les autres chiens ne poseront aucun problème.

Qu’ils soient Pembrokes ou Cardigans, le premier souci des Corgis est de faire plaisir à son maître. Il est donc facile de les éduquer pour la propreté ou d’autres activités comme l’agility, l’obédience, etc. Ils sont aussi de précieux auxiliaires pour les handicapés, ayant gardé un fort atavisme berger de protection et de proximité à l’humain.

A ne pas faire :
- Ne jamais laisser faire un Corgi qui cherche à vous montrer sa supériorité. Il ne doit jamais montrer d’agressivité envers les autres chiens, encore moins envers les humains.

- Ne jamais rire des bêtises d’un Corgi. Doté d’une mémoire à toute épreuve, il saura encore parfaitement de quoi il était question plusieurs heures après.

- Ne jamais lui laisser oublier où se trouve sa place dans la famille (et pour cela essayer de penser “Corgi”).

- Eviter de mettre un Corgi en chenil.

- Ne pas oublier qu’il est vindicatif. Si parfois vous ne comprenez pas sa réaction, essayer de chercher ce qui a pu lui déplaire. Lui s’en souvient.

Si vous rencontrez des difficultés lors de l’éducation de votre Corgi, n’hésitez pas à demander conseil à un spécialiste, le mieux étant encore de vous adresser à son éleveur, qui connaît bien leur caractère. Surtout n’attendez pas. Il est préférable de se renseigner avant de laisser s’installer un problème qui risque de s’aggraver au fil des jours. D’autant plus qu’on peut bien souvent y remédier. Le Corgi est un chien très expressif, et le proverbe “il ne lui manque que la parole”, prend toute sa dimension avec lui. Quoi qu’il en soit, essayez de le comprendre, et vous découvrirez que vous avez un merveilleux compagnon.

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