Affections Oculaires - Bulletin CCF N°13 & 14

État d’avancement des recherches pour le dépistage de l’atrophie rétinienne progressive chez le Cardigan.
Infos transmises par le CWCA (Cardigan Welsh Corgi Association).

Les Tests DNA, sur le GPRA chez le Welsh Corgi Cardigan : Le département de science vétérinaire de l’Université de Cambrige a développé et peut maintenant proposer un test sanguin de DNA pour le gène mutant qui provoque l’atrophie généralisée de la rétine chez le Cardigan Welsh Corgi. Le cas peut être détecté par un examen ophtalmologique, habituellement vers 9-12 mois; cela se manifeste par une vision défectueuse évolutive (tout spécialement dans une lumière faible - aveugle la nuit )
jusqu’à une perte totale de la vision, souvent avec formation secondaire de cataracte.



Ceci s’est répandu dans la race en Grande-Bretagne dans les années 60, mais aucun cas n’a été detecté depuis lors. Cependant, près de 20 cas ont été signalés en Hollande dans les années 90, sur des sujets importés d’Angleterre, et il y a eu des cas aux USA. Nous savons donc que nous avons des sujets porteurs. Des échantillons sanguins en provenance de Hollande, des USA et du Royaume-Uni ont été utilisés dans les travaux de Cambrige.

L’atrophie de la rétine progressive généralisée (gPRA) est une condition transmise génétiquement, nécessairement héritée. Le gène impliqué est désigné : “PDEA”, la forme mutante chez les Cardigans étant “rod 3”. Les chiens qui ont (PDEA) (PDEA) sont exempts de la maladie et sont classés “normaux”. Les chiens qui ont (PDEA) (rod 3) ne développeront pas l’atrophie de la rétine progressive généralisée, mais peuvent transmettre le gène (rod 3) et donc transmettre la maladie, et sont classés “porteurs”. Les chiens qui ont (rod 3) (rod 3) ont - ou développeront l’atrophie rétinienne et sont classés “infectés” (ou “atteints”).

Le test ophtalmologique peut seulement détecter les chiens qui ont le gPRA; il ne peut ni détecter ni déterminer les porteurs, ni les chiens qui développeront la maladie dans le futur. Le test sanguin DNA peut clairement détecter et classifier le sujet parmi les trois possibilités. Le test sanguin peut être pratiqué à n’importe quel âge, même sur un très jeune chiot, ne nécessitant qu’une petit échantillon de sang.

Nous avons l’accord des 2 clubs de race : l’association du Welsh Corgi Cardigan agira en la matière au nom de tous les clubs et les tiendrainformés.

Le stade suivant de la tâche est de sélectionner un échantillonage représentatif de la race, pour établir de quelle façon le gène (rod 3) est répandu dans la population des Cardigans britanniques, et où il se trouve.Comme il n’est pas possible à l’heure actuelle d’enregistrer les résultats du test DNA de façon officielle, et comme un protocole défini pour la conduite des tests DNA et des maladies génétiques doit encore être établi par le Kennel Club, il est proposé que le CWCA contrôle les résultats des tests de très, en collaboration avec Cambridge, et le Kennel Club. Si les clubs de race optent pour la publication des résultats des tests (comme cela était habituellement fait pour les tests ophtalmologiques dans le schéma BVA/KC/ISDS, et ce, que les résultats soient bons ou mauvais), le Kennel Club acceptera probablement de publier les résultats dans le Breed Record Supplement, comme cela l’est fait pour les tests du setter irlandais. Le CWCA gardera un registre de ces résultats. Le Kennel Club peut aussi décider d’avaliser l’enregistrement des documents.

Le propos de cette activité et de ce registre n’est pas de fouiller dans l’histoire ni de donner un outil pour le faire. Son propos est de faire avancer la race, en faisant une utilisation intelligente des tests maintenant à votre disposition pour identifier les difficultés possibles, pour contrôler la fréquence du gPRA, et pour conduire dans un laps de temps raisonnable (pour le moment, on parle de 10 ans) à l’élimination du gPRA et des porteurs du gPRA.

On demande aux éleveurs de commencer à tester leurs chiens avec le test DNA. Il est suggéré de commencer avec les animaux les plus âgés : la génération des grands-parents. Si les chiens se révèlent sains (par le test DNA), et qu’aucun apport de lignée différente n‘ait été fait, d’autres tests ne seront pas nécessaires.

Tous les exports doivent être testés, et seuls les animaux sains peuvent être exportés. Les éleveurs doivent aussi s’assurer que tous les imports sont testés et que seuls des animaux sains sont importés. (On peut faire le test sur des échantillons sanguins venant de l’étranger).

Il est suggéré de faire les tests DNA avant de mettre les chiens à la reproduction, à moins que leurs antécédents ne soient sains.Si un chien se révèle atteint ou porteur, il est souhaitable que les propriétaires de chiots issus de ce chien soient retrouvés et informés, et si possible que les descendents soient testés.
Il est suggéré que les éleveurs soient très prudents quant à l’utilisation de sujets porteurs dans leur programme d’élevage.Cependant, il est reconnu que le nombre de sujets porteurs est limité, ainsi que le réservoir de gènes; il peut se révéler bon d’utiliser un sujet porteur. Il ne doit reproduire qu’avec un sujet sain, mais pas avec un autre sujet porteur. Tous les produits de sujets porteurs devront être testés, de façon à identifiers clairement les “descendants” porteurs.
Les sujets atteints ne devront pas être élevés (à moins qu’il n’y ait une raison très exceptionnelle pour le faire). Si les parents sont testés sains par le DNA, les descendants sont sains et ils n’ont pas besoins d’être testés. De tels produits peuvent être élevés sans faire de tests.

Le CWCA invite ses membres à coopérer pleinement avec le programme de tests et le protocole. Le CWCA dressera une liste consultative pour l’étranger, contrôlera le registre et conseillera les propriétaires ou éleveurs sur les problèmes posés. Le CWCA n’enregistrera pas et n’autorisera pas la publicité pour des produits, à moins que le protocole de tests ait été suivi. Il recommande aux éleveurs de vérifier que leurs produits respectent bien la lignée des tests gPRA. (Ceci sera applicable 12 mois après l’adoption de cet avis).

Le CWCA maintiendra une proche coopération enrespect des tests gPRA avec : Cambridge (et l’Université du Michigan où les tests se feront pour les USA), KC/BVA pour le développement du protocole officiel, Les clubs de Cardigans étrangers.

NB : En plus du test de Cambridge, le Corgi Club de France accepte et reconnait aussi officiellement le test oculaire similaire proposé par le laboratoire Antagène.
La vision est mise au point par la lentille et la courbure de la rétine, où elle est transformée en un réseau de signaux électriques, qui passent ensuite par le nerf optique et vont jusqu’au cerveau. La transformation de la lumière en ces signaux implique un éventail complexe de procédés biochimiques. Quand une partie de ce système a une défaillance, la rétine ne fonctionne plus correctement et , avec le temps, se dégénère. Quand cette dégénérescence progresse et qu’elle peut être détectée par un examen ophtalmologique, on l’identifie en tant que : atrophie progressive de la rétine (PRA). Mais il peut y avoir une foule de causes et de manifestations différentes - ceci ayant été constaté dans plusieurs races. En fait, PRA est avant tout un terme regroupant les différents processus ayant des causes différentes mais un même résultat final. Les causes se révèlent être d’origine génétique dans beaucoup de cas, et sont généralement considérées comme telles. Elles sont dues à une modification par mutation (changement spontané) de différents gênes.

On distingue deux groupes principaux dans cette maladie : PRA central (c PRA), et PRA généralisé (gPRA). Le PRA central est une dysfonction d’une couche située sous la rétine - la couche pigmentaire épithélium de la rétine - dont le rôle est de conserver la rétine propre et de la débarrasser des impuretés. Dans le cas cPRA, ce nettoyage ne se fait pas, les particules s’accumulent et entraînent la dégénérescence de la rétine. Les signes cliniques sont une intolérance à la lumière vive, et une vision centrale défectueuse qui fait que le chien “mal voyant” se tape dans les obstacles; la cécité complète ainsi que la formation de cataracte sont inhabituelles. Le PRA central a été détecté chez les Cardigans dans les années 60. Le mode de transmission héréditaire est peu clair, mais il y a quelques soupçons quant à l’influence alimentaire. Chez le Briard, il est prouvé que le cPRA est récessif. Le cPRA était répandu chez les chiens de berger, mais le pourcentage est passé de 14% à 0,25% en 20 ans, certainement par le simple fait de ne pas faire reproduire les sujets touchés, ce qui suggère l’importance de l’héritage génétique. A la connaissance du CWCA, il n’y a pas eu de cas détecté chez les Cardigans britanniques depuis 30 ans.

Le PRA généralisé est une dysfonction primaire ou un défaut de la rétine, dont on connaît au moins 5 syndromes différents dans plus de 80 races. L’âge de manifestation de la maladie varie. Les syndromes peuvent être détectés par une électro-rétinographie avant que la maladie ne soit détectable par un examen ophtalmologique, mais peu d’électro-rétinographies ont été faites chez le Cardigan. Pour un tel test, le chien est anesthésié et on enregistre les réactions de l’œil face à des flashes de lumière. Cette technique peut tester la rétine même si la vision est troublée par
la cataracte. On peut détecter le gPRA chez le Cardigan à partir de 9/12 mois par un examen ophtalmologique, mais un cas le fut à l’âge de 3 mois. Les signes cliniques sont tout d’abord une détérioration de la vision dans une lumière faible; le chien semble aveugle la nuit; une cécité totale peut s’ensuivre, et l’on dit qu’il est courant d’assister à la formation de cataracte. La maladie est héréditaire et est transmise par un gêne récessif. Des chiens cliniquement sains et non-atteints par la maladie peuvent engendrer des sujets atteints.

Dans le gPRA, le gène normal donne l’instruction de produire une certaine protéine qui est nécessaire dans le processus de transformation du signal lumineux reçu sur la rétine en un signal électrique transmis au cerveau. Le gène mutant ou modifié ne peut produire cet enzyme nécessaire. La rétine ne fonctionne pas, et le gPRA en résulte. Si le gène normal est présent, tout va bien, mais en cas contraire, on a le gPRA; le gène modifié est récessif. Si l’on représente le gène normal comme m, et le gène récessifpar l, on peut distinguer 3 types de chiens :

Ceux qui ont les gènes mm sont normaux et ne peuvent transmettre le gène récessif.
Ceux qui ont le gène ml sont porteurs, ne développent pas le côté récessif, mais peuvent passer
le gène l à leur descendance, et donc transmettre le gPRA.
Ceux qui ont les gènes ll sont affectés et auront le gPRA ou développeront le gPRA à un certain âge.

On peut envisager 6 types de mariages :
1. Normal et normal :  X 
un produit uniquement des chiots normaux.

2. Normal et porteur :  X 
un gène de chaque passe à chaque chiot; on a donc les possibilités suivantes :   X 

   
Il y a autant de chances de produire des sujets sains mm ou porteurs ml. NDLR : mais pas de sujets affectés.

3. Porteur et porteur :   X 
donne :

 X 

   
La portée peut comporter des sujets sains, porteurs ou affectés.Les chances de chiots sains sont de : 1 sur 4
Les chances de chiots porteurs sont de 2 sur 4
Les chances de chiots affectés sont de 1 sur 4.
Ces chiffres sont des probabilités. C’est une loterie. Les taux peuvent être très différents dans une portée. Mais sur plusieurs portées, ces chiffres sont justes.

4. Normal et affecté :  X 

Dans ce cas, tous les chiots sont porteurs.

5. Porteur et affecté :  X 

Ne peut produire que des chiots porteurs ou affectés en nombre égal.

6. affecté et affecté :  X 

Ne peut produire que des chiots affectés.

Par l’identification des chiens affectés et porteurs sains,on peut espérer maîtriser ce gène dans les programmes d’élevage, c’est-à-dire en utilisant les cas 1et 2.
On pense éventuellement qu’il serait possible de ne pas utiliser les sujets porteurs, et donc d’oublier le cas 2.

Société Centrale Canine

Centrale CanineFondée en 1881, La Société Centrale Canine, ou SCC, est l'organisme reconnu par le Ministère de l'Agriculture pour gérer le livre généalogique canin (LOF, Livre des Origines Français) et le Fichier National Canin (FNC). Cette association loi 1901 reconnue d'utilité publique et à but non lucratif a pour objectif la promotion des races de chiens en France ainsi que la promotion et la protection des divers rôles du chien dans la société. Elle se doit également de gérer et de coordonner les différents Clubs de races et Sociétés Canines Régionales qui la composent.